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jeudi 11 juillet 2013

Ascension du Huayna Potosi : objectif 6000...

Laissez moi vous présenter les protagonistes de cette histoire :
A ma droite, le Huayna Potosi, culminant à 6088m, qui a le pouvoir de déchaîner les éléments…
A ma gauche, Anne et David, mesurant 3m60 à eux deux, coachés par Will, et surtout, Juan Cho.
Qui, de l'homme ou de la montagne, remportera la partie ???


Nous sommes prêts à affronter la barre officielle  des 6 000m…
Les treks du Condoriri et de l'Apolobamba ont été des mises en bouche….
Nous attendons une fenêtre météo acceptable pour nous lancer.
Le moment tant attendu arrive vite.
Nous partons alors pour 3 jours d'aventure...

J1:
Le camp de base se trouve à 1H30 de La Paz. Autant dire la porte à côté.


Le taxi nous y amène sans encombres.
Arrivés sur place, Will, notre guide, propose un entraînement au "glacier viejo" pour la manipulation des crampons et du piolet.
Nous marchons dans la neige pendant 1h30 avant de rejoindre le pied du glacier.


Munis d'un baudrier, d'un piolet et de crampons, nous entamons les exercices avec facilité…
Mais les choses se compliquent au pied d'un mur de glace…. Vertical, le mur !


En passant le premier, j'enchaine les erreurs et je galère !
Anne, quant à elle, file au sommet de la difficulté avec l'aisance d'une danseuse étoile !!!
Rhhhhh ! Ça ne va pas se passer comme ça ! Je tente ma chance une seconde fois. J'y arrive mieux ! Ouf !!

J2:
Au lever, le temps est pourri.
Prenant notre courage à 2 mains, nous prenons la direction du "Campamiento Alto", à 5100m, en compagnie de Juan Cho, le patron d'"Altitud6000".

Juancho

2 petites heures de marche et nous voilà arrivés !

 










Nous prenons l'après-midi pour nous reposer….
Le temps se gâte un peu plus en début de soirée. Couchés de bonne heure, mais impossible de dormir.
La faute au stress de l'ascension, à l'excitation, et à une envie de pisser tous les quarts d'heure…
Et pour pisser, il faut sortir du refuge ! Je ne sais pas quel surdoué a décidé d'installer les toilettes 50m en dessous du refuge... L'accès aux toilettes devient une épreuve.… et quand une tempête de neige s'en mêle, on risque sa vie !

J3:
C'est mal barré ! Il est 2 heures du matin. Un vent cinglant nous fouette le visage et les nuages restent menaçants !

Salatiel, Juancho et Anne

L'ascension débute doucement.
Au bout d'une demi heure, ma face est anesthésiée. Rien de grave...
Arrive alors la première difficulté : un véritable mur se dresse devant nous !
Le goulet fait à peine 50m, mais l'effort est intense et violent !!!
Anne s'effondre après avoir passé l'obstacle. Nos chances de succès s'amoindrissent…
Juancho et moi l'observons. Son nez ainsi que les lobes des oreilles ont pris une teinte cadavérique…
Nous faisons notre possible pour la motiver !
Contre toute attente, Anne récupère, se relève et poursuit son effort.




















Elle est courbée en 2 mais continue d'avancer. Je prie pour que nous arrivions au bout.. mais ce n'est pas gagné ! Petite consolation: ce qui reste de nuages disparaît aux aurores...
Vient le moment de la dernière difficulté : une crète longue de 100m et large de 20cm…


 Cette portion est tout simplement vertigineuse, avec des apics allant jusqu'à 300m !!!


La moindre erreur peut être fatale. Une personne chute, et c'est toute la cordée qui est entraînée dans le précipice !!!!
Après 6h de souffrances, nous arrivons au sommet, sains et saufs.


C'est la délivrance. Le soleil illumine la cordillère royale.


 La neige rend le moment magique !!


 Nous restons une bonne quinzaine de minutes au sommet !

L' Illimani
au loin le volcan Sajama












Puis nous redescendons par le même chemin. La crête est toujours aussi impressionnante !




Quelle journée !!!! Quelles souffrances ! Mais que c'est bon de se sentir libre !!!












Le spectacle offert par cette chaîne de montagnes vaut tout l'or du monde !
Après 3H de descente, le "campamiento alto" est en vue… Nous y sommes arrivés !!!!
Au combat opposant David et Anne face au Huayna Potosi, les vainqueurs aux points sont :
Anne et David !



vendredi 28 juin 2013

Le trek des guérisseurs, cordillère Apolobamba, Bolivie...

Aller au coeur de la cordillière Apolobamba est déjà une aventure en soi !


Pelechuco, le village où débute le trek, est à 250km de La Paz….


Comptez… 10 heures de bus si vous souhaitez y aller.

Pour mettre toutes les chances de notre coté, nous faisons appel à une agence…. "Alberth Bolivia Tour".
Ils proposent un beau programme…. sur le papier !!!
Un guide, un muletier, 3 mules, le transport, les nuits d'hôtel pour la première et la dernière étape, la bouffe, la tente….

il est donc 5H50 quand Célestino, notre guide, nous récupère à l'hôtel.


Nous faisons la connaissance de Paulo, un touriste brésilien, qui se joint à l'aventure…


C'est la première surprise de la journée. Nous sommes 3, et pas 2...
Un taxi nous conduit à l'une des nombreuses gares routières de La Paz….
Et c'est maintenant que ça se complique…
Célestino est perdu. Il tourne, il virevolte… Après moultes recherches infructueuses, il affirme que le bus en partance pour Pelechuco est introuvable…
Ça commence mal… J'interpèle une rabatteuse et lui demande gentiment où se trouve la station de bus pour Pelechuco. Elle répond sans hésiter : "Continuez sur 200m, prenez à droite, vous y êtes".
J'ai réussi à obtenir l'information en … 30 secondes avec mon espagnol alsacien !
Pour Célestino, il aura fallu 45mn et de nombreux coups de fil pour arriver au même résultat… alors qu'il affirme avoir l'habitude d'y aller !!!
Célestino la Flèche !!! Ça craint pour la suite… Attendons de voir, laissons lui une chance…
Après quelques temps, l'autocar s'ébranle. Nous quittons La Paz.
Rapidement, la piste devient dégueulasse et passe par des vallées et des cols perdus.
Les transports publics étant rares, celui-ci est bondé, avec des passagers qui emportent toutes sortes de marchandises improbables. Poulets-légumes-portes-rambardes (oui-oui, vous avez bien lu)….
Pour tromper l'ennui, des hauts-parleurs grésillants crachent de la musique bolivienne à plein tube…. Une demi journée à ce régime et notre cerveau ressemble à une marmelade mal digérée...
Nous arrivons à Pelechuco exténués.
Le seul hôtel du village est sommaire….


La chambre est spacieuse mais sale. L'état de la salle de bains n'est pas en reste…
Poils de culs sur la cuvette et autres "giclures" du même accabit.
C'est grave lorsqu'on sait que le dernier client de passage remonte à plus d'une semaine.
Les matelas, quant à eux, ont connu des jours meilleurs…
Qu'à cela ne tienne, nous sortons nos duvets et nos housses d'oreiller.

À 22 heures, alors que nous nous apprêtons à dormir, Celestino vient dans la chambre, l'air embarrassé…
- "Puis-je vous parler ? Il y a un petit problème…."
- "Oui,  Célestino ?"
- "Je viens de téléphoner au muletier (à 22h). Les mules sont fatiguées. Nous devons écourter l'étape de demain. Le départ est prévu vers midi"
- "Célestino, il faut trouver un autre muletier. Il est hors de question d'écourter l'étape. Les suivantes seraient trop longues !"
Nous entendons presque des grincements dans sa tête quand il réfléchit (ou fait semblant).
La réponse tombe au bout de quelques instants.
- "Il n'y a pas d'autre muletier."
La nuit passe. Le jour se lève. Le soleil brille. Nous avalons le petit déjeuner.
Nous négocions le départ pour 10H30.
Après avoir préparé nos affaires, nous les déposons sur la place du village…


Célestino affirme que les animaux nous rattraperont au courant de la journée…
Nous entamons la marche. Nous prenons de la hauteur. Pelechuco est nichée dans une vallée magnifique…




















Après une demi-heure de marche, 1ère pause. Etonnant..
Après une heure et demi de marche, Célestino paraît inquiet…


Il prend son portable, s'éloigne du groupe, passe plusieurs coups de fil…
- "Que se passe-t-il, Célestino ?"
- "Le muletier n'est toujours pas au village. Nous allons donc l'attendre ici."
Anne prend alors les choses en main.
- "Appelle l'agence. Je veux parler aux patrons."
Célestino rechigne et use de tous les prétextes pour ne pas téléphoner. Il n'a plus d'unités, son téléphone est cassé et autres sornettes de la même trempe…
Paulo sort alors le sien. Célestino prend une mine déconfite…
Après maintes discussions, nous décidons de faire demi-tour.
Les bagages trônent toujours sur la place du village, sans surveillance…..














Célestino trouve un autre muletier, lui qui disait qu'il n'y en avait pas….












Nous nous mettons d'accord : le trek se fera en 4 jours et pas en 5 !
Nous passons une nouvelle nuit dans l'hotel "grand luxe" avant de partir sur les chemins, pour de bon cette fois !
Et contre toute attente, le trek se passe bien.
Le soleil est au rendez-vous. Les mules aussi !



Anne et moi sommes en forme.





Nous enchaînons les passages de col entre 4700 et 5100m…





















Nous traversons de belles vallées où coulent des ruisseaux aux couleurs chatoyantes.


















Toujours présents, les troupeaux de lamas et d'alpagas….
































Les villages que nous traversons ont gardé le charme d'antan.















Les fermes isolées participent aussi à la beauté des lieux…




Les tentes sont plantées dans des endroits magiques….




Les sommets enneigés sont un régal pour les yeux….

















Un des points forts du trek est le lieu-dit des "mil curvas"(traduisez par mille courbes), une descente verticale de 600m fort impressionnante.




















Les chevaux ne s'y sont d'ailleurs pas trompés.















Cette descente dans un pierrier les rend fébriles. Le muletier, Alcides, a tout le mal du monde à les rassurer…














La fin du parcours se déroule sous une météo changeante.





Mais nous gardons le sourire !


















Nous regrettons le manque de connaissances de  Célestino sur les endroits que nous traversons.
Sa méconnaissance des lieux est consternante.




  Nous n'aurons aucun contact avec les familles "quechua", « aymara », ou « kallawaya »,  ni avec les fameux guérisseurs de la région !!!
C’est grâce à Anne et au Lonely planet que nous glanons quelques informations. 



Nous apprenons que nous foulons un chemin inca. 


60% de la population de certains villages est constituée de guérisseurs. Nous réussissons aussi à obtenir quelques noms de montagnes…




Après 4 jours de marche,


nous arrivons donc à Curva, point final du trek.


Et là encore, les petits soucis d'organisation vont s'enchaîner.
En premier lieu, Célestino pense bivouaquer aux abords du village.
Or, l'agence a prévu que nous dormions à l'hôtel.
Nous en faisons part au guide…. qui n'est pas au courant !
Heureusement, Alcides nous confirme l'existence d'une auberge….
En revanche, Celestino n'ayant pas téléphoné, les propriétaires du lieu se sont rendus à La Paz…
Et ils détiennent les clés pour accéder au dortoir….
Après 3 heures passés sous la pluie, nous obtenons enfin une clé.
Nous sommes soulagés de pouvoir dormir à l'abri.…
Pas sitôt rentrés, Celestino vient nous voir….
- "Il faut que je vous parle…. Je n'ai quasiment plus de kérozène pour cuisiner…"
Le même Célsestino a crâmé ce fameux kérozène durant des après-midi entiers !
C'est à lui foutre des baffes !!!! Quand va-t-il arrêter ses conneries ????
Le propriétaire de l'auberge nous dépannera finalement.
Ouf de soulagement, nous avons droit à un repas chaud dans cette atmosphère glaciale !!!
Je ne vous parle pas de l'achat des tickets de bus qui a duré des plombes, ni du mic-mac du transfert des affaires jusqu'au terminal de bus, ni des places pourries qu'il nous a réservées….
Après 11 heures de bus, une crevaison et une réparation de fortune, nous arrivons à La Paz en 1 seul morceau !!
Dernier rebondissement : Célestino ne trouve pas de taxi à La Paz !!! On ne peut pourtant pas dire que ça manque dans le coin !!! Plus de 10 mn pour en trouver un !!!
Nous arrivons enfin devant l'agence complètement vidés…
Nous expliquons toutes nos péripéties au patron….
il s'en sortira avec des excuses…. Un peu léger tout ça… Mais après 12 heures passées sur les routes, la fatigue surpasse la colère. Nous n'avons plus la force de nous battre.
On rentre à l'hôtel, on se couche et on dort. Ça ira mieux demain….


En conclusion, Le trek des guérisseurs est vraiment fabuleux… En revanche, si vous séjournez à La Paz et que vous désirez louer les services d'une agence, ne prenez pas ALBERTH BOLIVIA TOUR !!!