Translate

samedi 17 août 2013

Le trek du Choquequirao-Machupicchu...


Agrandir le plan

Le bus reliant Arequipa à Cusco est un petit bijou. La compagnie "Cruz del Sur" a eu la brillante idée d'offrir des services similaires aux compagnies aériennes :
salon lounge pour nous faire patienter, sièges moelleux inclinables à 140 degrés,
écrans tactiles individuels avec choix incommensurable de films et de jeux, une hotesse distribuant encas et plateaux repas… Et les 12H de trajet passent comme une douceur après une trop longue abstinence en friandises !



Arrivés à Cusco, nous déposons rapidement les affaires à l'hôtel et contactons Ludo, Juliette, Blandine et Mahmood pour convenir d'un rendez-vous.


Présentation des personnages : tout d'abord, Ludo et Juliette.


Nous les avons rencontrés en Bolivie, sur le trek de l'Apolobamba. Ils ont la passion du trek. Rien ne leur fait peur. Ils sont capables de partir en autonomie complète durant 3 semaines. Munis de leur GPS, aucune rando ne leur résiste… Ils sont très-très forts.

Mahmood et Blandine :
















nous avons sympathisé avec eux à l'Isla del Sol. Mahd  n'aime pas marcher mais…. c'est un athlète qui s'ignore ! Longiligne et obstiné, il ne lâche rien. Il est capable d'avaler des dénivelés de dingues à une vitesse effarante... Blandine, quant à elle, est une habituée des trails. Elle enchaîne les kilomètres avec aisance et décontraction….

Nous les rejoignons donc tous les 4 et discutons des possibilités qu'offre la région….
Et nous vient une idée folle : rallier les 2 sites archéologiques les plus fameux du Pérou, à savoir Choquequirao et le Machupicchu ….


Le trajet fait 120km et dure 8 jours. Les dénivelés donnent le vertige… On doit friser les 12 000m positifs….


Il ne faut pas longtemps pour nous mettre d'accord ! Nous décidons de nous lancer dans cette aventure insensée….
Chacun fait ses courses et prépare son sac.


 Le moment venu, nous prenons un transport pour Cachora.
Cachora, un bled paumé. 3 auberges et 2 bui-bui faisant office de restos, pas de route goudronnée pour y parvenir… Internet inexistant … Etonnant qu'ils aient l'électricité et l'eau courante ! Nous prenons nos quartiers dans le seul "hostal" qui nous parait acceptable, si l'on fait abstraction des peaux de pumas et de cervidés qui pendent au bas de l'escalier…
Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes frais et dispos, prêts à attaquer la montagne.


L'équipe se met en branle, mais notre enthousiasme se heurte rapidement aux difficultés du parcours. Les descentes sont interminables et les montées de véritables calvaires. Les étapes sont longues, la chaleur écrasante.
















Et le moucheron carnivore fait sa loi dans la région !! Oui-oui, vous avez bien lu. Des milliers de ces petites saloperies s'attaquent à la moindre parcelle de peau découverte et vous mordent à pleines dents.

la meilleure protection contre les moucherons
 De petites plaies apparaissent et démangent durant 3 bonnes journées… La chance vous sourit si vous ne développez pas de réactions allergiques !

















Parlons des étapes. Comme je le disais, les dénivelés donnent le vertige, avec en point d'orgue une journée dépassant les 2 700m positifs, sur une distance de 16km… Comment peut on arriver à de tels chiffres ?
En partant à 5 du mat d'un lit de rivière situé à 1800m d'altitude pour franchir un col à 4100m quelques heures plus tard…. soit 2300m de montée ininterrompue ! Un véritable supplice de Sysiphe !!! Je rappelle que le poids des sacs approche des 20kg.


20KG sur le dos, mais on garde le sourire















Démarrer avant le lever du soleil offre deux avantages : éviter les fameux moucherons (ils sont diurnes) et arriver à destination avant la nuit.














Les autres étapes sont de la même trempe, malgré l'affirmation de Blandine qui restera dans les annales : "Demain, les gars, c'est peanuts !" Tu parles, Charles ! On en a chié tout du long !


 Le parcours nous réserve cependant de belles surprises.


Nous longeons un canyon aux dimensions titanesques.
















Nous traversons des "rios" sauvages à bord de nacelles de fortune


et nous introduisons dans la forêt tropicale pour découvrir la fabuleuse cité inca Choquequirao.

Choquequirao



Nous déambulons à travers de longues vallées
















cernées par des sommets enneigés.

















Les épaules sont ankylosées, les cuisses contractées, le souffle court, et les hanches à vif.


Mais la variété des paysages,
































la flore et la faune nous font oublier nos souffrances.













La forêt est remplie du pépiement des perruches.


Malheureusement, nous aurons beau chercher l'ours à lunettes, nous n'en verrons pas l'ombre du museau (pour ne pas dire la queue).


Les derniers jours laissent place aux cultures.


 Nous traversons de magnifiques plantations de café, de bananes et d'avocatiers. Nous foulons de beaux chemins incas et approchons du but ultime : le Machupicchu !


Nous retrouvons peu à peu la civilisation. Arrivés à Santa Teresa, nous passons notre après midi aux thermes avant de repartir pour Aguas Calientes.


Pour y parvenir, nous suivons la voie ferrée.

















La forêt, dense et luxuriante, nous enveloppe. La promenade est facile et plaisante.


A l'aube du 9ème jour, nous partons "explorer" le Machupicchu.





Malgré l'affluence incessante de touristes, le site reste magique. La cité est entourée de montagnes sacrées ressemblant à des pains de sucre.


 Les monuments ont gardé tout leur mystère. Nous y passons la journée. Nous montons au point de vue (600m d'ascension supplémentaire…!),


 profitons de la vue panoramique


 et prenons le temps de parcourir les ruines.

temple du soleil
En milieu d'après-midi, nous redescendons à Aguas Calientes pour un repos bien mérité. Nous sommes tous exténués.


J'aimerais revenir sur les sites archéologiques qui jalonnent le parcours et qui donnent du sens à ce trek époustouflant.

Picchu
Machu
















La civilisation inca n'aura duré qu'un siècle mais a laissé un patrimoine hors du commun avec
des cités construites dans des endroits inaccessibles, escarpés et magnifiques.



       On ne peut qu'admirer ce peuple de bâtisseurs.

Terrasses des lamas-CHOQUEQUIRAO

On se prend à rêver de leurs vies et de leurs coutumes.


Une dernière chose avant de vous laisser : nous y sommes arrivés!!!  Nous sommes allés au bout de ce trek de fous-furieux !!!!!!!!!!! Ca mérite bien quelques cabrioles pour exprimer notre satisfaction !!! (même Monsieur Mouton s'y est mis !)




Demain, c'est promis, nous visiterons les sites plus accessibles de la vallée sacrée !



lundi 12 août 2013

Le canyon de Colca...

Ça devait pourtant bien se passer !


Agrandir le plan

Nous arrivons à Arequipa, une ville merveilleuse, tant par son architecture que par sa gastronomie.

La cathédrale


couvent Santa Catalina



















Le climat y est doux et ensoleillé. Les rues et les allées invitent à la détente.


Les montagnes alentours en imposent. Le Misti


 et le Chachani sont deux géants aux portes de la ville.


Arequipa est donc idyllique, mais…..
Mais notre séjour en Bolivie m'a épuisé. Il me faut du repos ! Et une série d'évenements va gâcher cette belle harmonie. Rien de grave, mais juste de quoi m'agacer au plus haut point !
Tout d'abord, nous arrivons en ville alors que le volcan Sabancaya fait des siennes. Ce qui entraîne un accroissement sensible de l'activité sismique de la région. Ça pose problème. Nous aimerions randonner dans le canyon de Colca, l'un des plus profonds du monde !! Malheureusement, les séismes susdits ont provoqué des glissements de terrains importants. Les autorités déconseillent donc la randonnée dans ces conditions…
Qu'à cela ne tienne ! Nous pouvons grimper le Misti (5822m) , ou mieux encore, le Chachani (6075m)…
Nous nous renseignons auprès des agences, et arrivons à la conclusion suivante : les paramètres de sécurité ne sont pas respectés… Anne préfère donc s'abstenir !
Je bous ! Je boude !
Après deux jours de réflexions intenses et contradictoires, nous décidons de partir pour Chivay, un petit village isolé aux portes du canyon de Colca.
Arrivés sur place, nous obtenons des informations fantaisistes. Tant pis, nous prenons le risque d'aller à Cabanaconde, point de départ des treks dans la région.
Nous empruntons un transport privé qui coûte un bras (30S) et


payons un "billet touristique" qui coûte un deuxième bras (70 soles) pour rejoindre Cabanaconde…..
En chemin, le mini bus s'arrête au niveau d'un belvédère célèbre pour ces condors… Nada ! Le soleil n'est pas au rendez-vous, les rapaces font la gueule et restent planqués !


Les autorités de Cabanaconde confirment le caractère dangereux de la randonnée.
Voyant plusieurs guides s'y engager, j'entraîne une Anne réticente vers les profondeurs du canyon...


















Nous pouvons faire plusieurs observations à ce stade :


a - Le canyon est magnifique.




b - Il y fait extrêmement chaud.
c - C'est en effet dangereux de s'y aventurer. De nombreux éboulements obstruent le chemin. Une secousse trop importante et nous sommes entraînés au fond du "trou".
d - L'oasis se trouvant au fond du canyon est un véritable paradis terrestre !


Une piscine naturelle accueille le voyageur éreinté. De pouvoir se baigner est véritablement salvateur !


Au final, nous n'aurons marché que deux jours.


 Mais ces quelques heures de découverte nous auront réconcilié avec la région !
Pour revenir à Arequipa, nous reprenons un transport privé. Et contre toute attente, nous passons une agréable journée.


Nous nous délassons dans des thermes,


prenons un déjeuner dans un endroit sympa, goutons aux spécialités locales,

le jus de cactus.

faisons un brin de causette avec des Québequois et des Français…
L'histoire se finit bien, malgré des débuts chaotiques !


Requinqués, nous décidons de rejoindre Cusco, la cité impériale Inca….